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Byzance :

Evocation d'une ville, d'une civilisation, d'une mémoire oubliée ?

 Pendant onze siècles, cette civilisation brillante a façonné une ère géographique qui couvre les Balkans, l'Italie, les pourtours de la Mer noire et le Proche Orient. 

 Byzance a fondé une église, une iconographie, une organisation sociale qui aujourd'hui encore constituent la culture de base de nombreux pays, pourtant si différents : la Grèce, la Serbie, la Roumanie, la Russie, la Syrie, la Turquie...

Pour nous, ocidentaux, c'est souvent une civilisation oubliée.
Nos livres d'histoire couvrent d'un voile pudique cette aventure humaine et passent souvent directement de la fin de l'empire romain d'occident au moyen âge ouest européen.
Byzance participe simplement d'une légende dont l'aura croise notre histoire, de temps à autre, à l'époque de Charlemagne pendant les croisades, à l'apogée de la puissance de Venise et au moment où l'islam ottoman submerge les Balkans et l'Europe centrale.

 

Pourtant, notre culture est aussi redevable à l'empire byzantin.

A travers l'Italie, Byzance nous a transmis les auteurs classiques de la Grèce et de la Rome antique ; elle nous a mis en contact avec le monde musulman et, au-delà, indien au même titre que Al andalous.

Mais, si on regarde bien cette civilisation et ce qu'elle nous a laissé dans ses églises, sur ses murs décorés de splendides fresques et mosaïques, si on regarde ses monuments et si on prend du recul, Byzance nous parle au-delà des siècles.
Les ors de Ravenne et de Venise, les tableaux du Greco, de Kandinsky, de Chagall et de Klimt, la coupole de Saint-Pierre de Rome, le Panthéon à Paris et tant d'autres monuments et œuvres d'art tracent un lien indestructible entre cet empire disparu et notre monde.

 


 

 

Histoire de l'empire.

 

Le 11 mai 330, Constantin le Grand inaugure une nouvelle capitale : Constantinople sur les bords du Bosphore, à la croisée de l'Europe et de l'Asie, entre mer Méditerranée et mer Noire.

 En 325, le concile de Nice inscrit définitivement l'empire dans la voie chrétienne.

Après l'effondrement de Rome sous les coups des barbares en 476, Byzance devient l'héritière de la civilisation romaine et règne sans partage sur la moitié de l'ancien empire romain.

Les régions les plus riches restent sous son contrôle: la Syrie, la Palestine et l'Egypte ; elle assure également son pouvoir sur l'Anatolie et les Balkans. La capitale de l'empire est l'une des villes les plus prospères au monde. Le basileus règne sans partage sur l'immense empire.


C'est sous le règne de l'empereur Justinien, au VIe siècle, que l'empire atteint son apogée : il s'étend sur l'Espagne, l'Afrique du nord et l'Italie. La construction de Sainte Sophie symbolise la grandeur et la capacité de l'empire à conserver le leadership intellectuel, artistique et politique sur l'ensemble de l'Europe et du Proche Orient.

A cette époque, l'influence de la civilisation Byzantine est à son apogée. Les églises et les basiliques couvrent l'empire, les mosaïques d'or reflètent partout les principes sacrés de l'église. L'iconographie religieuse Byzantine restera certainement l'une des plus grandes contributions de l'empire à l'histoire humaine.Le patrimoine religieux et artistiques de toutes les églises orthodoxes existantes et passées est à cet égard immense. Les ors de Byzance marqueront durablement les peuples des Balkans, de Russie, d'Anatolie, de Syrie et de Palestine.

 

 

Aux VIIe siècles, les invasions arabes secouent profondément l'empire. Les provinces de Palestine, de Syrie et d'Egypte sont perdues mais l'empire résiste dans les confins anatoliens. Contrairement aux autres empires : Sassanides en Perse, Wisigoth en Espagne, Byzance résiste à l'envahisseur et devient de ce fait un rempart face à l'Islam.

Un rempart certes mais aussi une source d'inspiration pour toute la civilisation islamique qui s'installe au Caire, à Bagdad et à Damas.
Les mosquées sont construites sur le modèle des basiliques romaines.
Les religieux reprennent la thématique de la lutte des iconoclastes pour imposer un reniement complet de toute représentation humaine. Reprenant à leur compte toute une iconographie Byzantine, les écrits des classiques grecs participent à la fondation de la nouvelle civilisation islamique.

Si son opposition quasi millénaire à l'islam, lui assure sa survie pendant un certain temps, d'autres invasions au Nord mettront en péril l'empire en son coeur : les invasions slaves, notamment bulgares, contraindront l'empire pendant deux siècles au IXe et Xe siècle à vivre sous une double menace : les arabes à l'est et les slaves à l'ouest.

L'installation des turcs en Anatolie au XIe siècle puis la prise de Byzance par les croisés en 1204 ainsi que le partage des restes de l'empire entre les croisés et Venise marquent le déclin sans fin de Byzance.

Quand en 1452 Byzance est conquise par les turcs, il ne reste plus rien de l'ancien empire. Seul le souvenir et des monuments somptueux marqueront encore les esprits.

Byzance deviendra Istanbul et une nouvelle histoire s'écrira sur les ruines de l'empire. Nouvelle histoire qui peut aussi se voir comme un éternel retour, l'empire Ottoman va régner sans partage pendant 500 ans sur les Balkans, l'Anatolie, la Syrie, la Palestine, l'Egypte, depuis sa capitale Istanbul (l'ancienne Byzance), l'histoire parfois se répète.
Cette histoire est riche et intéressante à plus d'un titre mais elle est significative pour nous à travers trois exemples : l'architecture  de Sainte Sophie, les icônes, la polémique iconoclaste.



L'architecture de Sainte Sophie :
Cet édifice fut commandé au célèbre architecte Isidore par l'empereur Justinien. Achevée en 537, elle a inspiré de nombreux édifices de la chrétienté orthodoxe.
Bâtie autour d'une immense coupole centrale qui restera la plus grande au monde jusqu'à la construction de Saint-Pierre de Rome, elle s'organise à partir d'un plan centré en croix grecque (toutes les branches de la croix ayant la même longueur). Cette disposition place le centre de l'édifice sous la coupole dans une symbiose cosmique complète avec l'éternel. La symbolique très forte que constitue la sphère virtuel et englobante créée par la voute va marquer durablement les églises orthodoxes et leur rapport à l'espace.
Tout est centré, figé dans un équilibre harmonieux et intemporel, contrairement aux églises à plan à croix latine qui impliquent un parcours du narthex au coeur et au-delà à la chapelle du saint sacrement, parcours qui instaure une dynamique, un mouvement, une progression, qui marqueront profondément également la vision du monde catholique.

Cette architecture imposante qui crée un espace unique en son centre sous la coupole et une silhouette originale et remarquable dans le paysage urbain du fait de la présence des dômes, va durablement influencer également toute l'architecture ottomane.
Le paysage aujourd'hui d'Istanbul est marqué par le dôme de Sainte Sophie et les dômes des nombreuses mosquées qui égrènent la ville est bien l'héritier de Byzance.





Les icônes :
Peintures ou fresques, à Byzance mais aussi partout où l'orthodoxie chrétienne portera son message, sont les bases identitaires d'une culture, d'un imaginaire et d'un art.
Ces images, souvent erratiques, parfois très humaines, souvent troublantes associent l'art ancestral de la Rome antique au nouveau précepte de la toute nouvelle religion pour créer un art de la céramique et de la mise en scène extraordinaire qui influencera durablement l'art en Europe et au Moyen Orient jusqu'à la période contemporaine via l'Europe centrale et la Russie.



 

 

 

 

Les iconoclastes :
Au VIIIe siècle, l'influence des icônes est considérable auprès du peuple. On est à la limite de l'idolâtrie.
Une partie des élites et du clergé bascule dans un rejet complet des images : l'iconoclasme. La parole de Dieu prend le pas sur l'image de Dieu, à l'instar de la religion musulmane conquérante. Les empereurs Léon III et Constantin V tentent d'imposer ces nouvelles orientations au peuple, mais les moines résistent et luttent avec acharnement pour préserver cette dévotion aux reliques et icônes qui les font vivre.

Finalement les moines auront gain de cause et l'iconoclasme disparaitra. Il reste, notamment en Cappadoce, de superbes décorations, un art du dépouillement bien loin des ors de Byzance. Cet art restera toujours présent dans les icônes pour finir par constituer l'une des bases de l'art abstrait au XXe siècle.

 

Peinture Byzantines XIV ème siècle

Le Baiser de Gustave Klint

Ces trois exemples illustrent l'influence profonde des civilisations byzantines sur notre monde.
Il nous reste une histoire, des églises, une religion, des peuples à découvrir.

 




Sainte-Sophie est l'un des monuments les plus représentatifs de la grandeur de la civilisation byzantine. Elle fut construite à la demande de l'empereur Justinien, à l'emplacement même d'une ancienne basilique. Anthémius de Tralles et Isidore de Milet furent choisis par l'empereur pour édifier ce qui sera, pendant plusieurs siècles, l'un des plus grands bâtiments du monde et l'une des plus grandes coupoles jamais édifiées. Le bâtiment de plan centré en croix grecques offre un volume […]



Saint-Sauveur-in-Chora est l'une des plus belles églises de style byzantin des Balkans. Elle est située à Istanbul à l'Ouest du centre non loin des anciennes murailles de l'antique Byzance. Elle est devenue un musée en 1948, après avoir été transformée en mosquée par les ottomans. Sa valeur artistique est liée à la profusion des mosaïques et fresques qui couvrent les murs, les voûtes et les coupoles à l'intérieur de l'église. A l'origine, lors de sa construction au Ve siècle, l'église était […]
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Tag(s) : #TURQUIE
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