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Premier voyage en ligne : deux semaines passées en avril 2005 sur le site d'Angkor, plongé dans la découverte d'un lieu magique.

Sur un site grand comme Paris, une multitude de temples au milieu de la forêt tropicale constitue les témoins dune civilisation brillante et unique.

Site incomparable, même Pagan en Birmanie n'égale pas cette profusion et cette richesse.
Le mystère qui entoure cette civilisation et cette succession de pyramides et de plateformes surplombant la forêt vierge fait penser aux pyramides et aux sites mayas, mais rien n'est en fait comparable à cette splendeur.

Du IX au XIIIe siècle, la civilisation Khmer va s'épanouir sur ce site et édifier des ensembles architecturaux et monumentaux impressionnants.

 

Cette civilisation, à ses débuts, est influencée directement par la civilisation indienne qui, à cette époque, rayonne dans toute l'Asie du Sud et sud-est, Vietnam, Indonésie, Thaïlande, Birmanie, Malaisie.
Partout, la religion, l'architecture, les arts, la philosophie sont sous l'influence des royaumes indiens, notamment ceux du Deccan, au sud de la péninsule indienne, et de Ceylan.

 

Angkor Vat

L'organisation de l'espace est régie par les principes de l'urbanisme indien : plan orthogonal, orientation des édifices selon les points cardinaux, inscription des temples et édifices religieux dans une grille carrée, présence des tanks (immenses réservoirs d'eau qui alimentent des réseaux complexes de canaux d'irrigation et où s'inscrivent en leur centre le temple-île, accessible uniquement en barque), multiplication des enceintes et des portes qui hiérarchisent les espaces, monumentalité des temples montagnes.

L'ensemble d'Angkor est unique parce que ses règles seront appliquées à la lettre, avec de multiples variantes, mais dans une homogénéité globale remarquable et ce, malgré les nombreux styles architecturaux et le passage de l'hindouisme au bouddhisme.

 

dsc04505.jpg

 

La grille d ‘ensemble est claire, le site « monumental » dans son ensemble : 28 km d'est en ouest (du Prei Kmeng au Bamteay Samré), 11 km du nord au sud ( de Banteay Thom à Angkor Vat), s'organise à l'est autour du Bârây occidental, vaste réservoir d'eau (3 par 11 km), au centre autour et à l'intérieur d'Angkor Thom immense enceinte de 3 sur 3 km, à l'est autour du Bârây oriental (3 par 11 km) symétrique du Bârây occidental par rapport à l'axe est/ouest qui passe par le centre d'Angkor Thom à l'emplacement du Bayon.

 

Angkor Vat 2

 

A Angkor, les tanks ou réservoirs d'eau, se sont les Bârây Occidental et Oriental situés à l'ouest et à l'est d'Angkor Thom, centre de la cité. 
Au centre de ces Bârây, les Mébons Occidental et Oriental sont des temples accessibles en barque. 

Aujourd'hui, le Bârây Oriental est à sec, la végétation a pris possession du fond du bassin.

Le Bayon

Le Mébon oriental est accessible à pied et, du sommet de ses terrasses, on peut imaginer cet immense lac intérieur et artificiel parfaitement rectangulaire de 3 km de large sur 11 km de long, parcouru de barques de pécheurs et de processions flottantes venant s'amarrer au pied du temple.

Pour les hindous, la ville est une réplique du Cosmos. Au centre, le temple, construction géométrique à grande échelle, est le cœur spirituel de la cité. Le palais est le deuxième centre d'intérêt de la ville.

 

A Angkor, le complexe d'Angkor Thom joue parfaitement ce rôle.
Immense complexe de forme carrée d'environ 3 kilomètres de côté, d'une surface de 900 ha, il rassemble le temple majeur du site, le Bayon. Situé au centre du carré, au point de convergence des axes reliant les portes Nord, Sud, Est et Ouest, le palais royal, avec ses dépendances au Nord du site, conformément à la tradition hindoue et une grande place centrale.

Palais et temples s'organisent autour de cette grande place. Celle-ci est le cœur de l'activité sociale et économique de la ville.
Le Bazard, les marchands, les grandes manifestations, les marchées, les processions tout part de là où y aboutie.

 

Thommanon

 

A Angkor, la place centrale du complexe de Preah Pithu, bordée par les terrasses des éléphants et des lépreux, constitue ce centre marchand, politique et religieux.

Aujourd'hui, on imagine mal la multitude qui envahissait cette immense espace vide, pouvant contenir 1 million de personnes (soit toute la population de la ville à son apogée) les jours de fêtes ou de grandes processions religieuses. 
Cette place est comparable à l'ensemble Champs Elysée/Place de la Concorde à Paris (pouvant également accueillir un million de personnes les jours de liesse populaire).

Cet ordre cosmique, visible depuis le ciel ou sur une carte, ne s'affirme pas au niveau du sol. 
La ville populaire, ouvrière et marchande faite de bois et de bambous qui entourait les principaux bâtiments en pierre, n'était probablement pas structurée. 
Comme dans les villes indiennes, la confusion régnait autour de cet ordre géométrique strict. Il n'y a donc pas de grande grille urbaine systématique qui organise l'ensemble de la cité comme dans les villes romaines, latino américaines ou à New York, qui rende la géométrie globale de la ville visible. 

Ne sont pas également visibles les grandes perspectives à l'échelle urbaine qui rendent compte de la trame urbaine et de sa symbolique. 
La succession de remparts, de portes, la position des temples au bord des axes et non sur l'axe (mise à part le Bayon), favorisent les perspectives courtes, les découvertes tardives, renforcent la sacralité des lieux et mettent en valeur la succession des séquences propres à un processus de découverte et d'apprentissage.

Nous ne sommes pas dans des compositions à grandes échelles qui font découvrir un ensemble urbain, joue sur la lisibilité, le spectacle comme les perspectives Grande Arche/le Louvre à Paris, ou les perspectives du temple du ciel à Pékin.

 

dsc04143.jpg
Angkor thom le Bayon (13)
Par contre, l'Ordre religieux s'affirme dans les espaces intérieurs des temples par l'inscription des enceintes et portes dans le paysage urbain, et par la géométrie monumentale des Bârây qui façonne le paysage. 
Ces deux immenses plans d'eau, d'une géométrie parfaite, affirment sans ambiguïté le pouvoir des classes dominantes et leur emprise sur la nature et les hommes.

 

Photos: (c) Lankaart


Angkor


"Revenons à la ville. Elle n’est plus qu’une forêt enclose dans une muraille. De nombreux travaux ont dégagé le temple central et la merveilleuse terrasse des éléphants. Les autres édifices qui y subsistent sont perdus dans les arbres. C’est la paix profonde, l’obscurité verte, le sol épais et […]

 

 

 

 


Angkor visions de B. Massanes.

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Tag(s) : #CAMBODGE
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